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Obligations TPE/PME : ce que dit vraiment la loi

Obligations TPE/PME facture électronique 2026-2027 : émission via PA, réception, e-reporting B2C, sanctions, calendrier officiel et méthode migration.

Rédaction Compafacturation — Équipe éditoriale indépendante

Mis à jour le · 5 min de lecture · Méthode publiée

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Au 1er septembre 2027, toute TPE et PME1 établie en France et assujettie à la TVA devra respecter trois obligations distinctes liées à la facture électronique, posées par l’article 91 de la loi de finances pour 20242 et précisées par la DGFiP3. Cet article détaille chacune d’elles et clarifie les exceptions courantes pour les artisans BTP.

Obligation 1 — émettre les factures B2B en électronique

Toute facture émise à un autre assujetti à la TVA établi en France doit transiter par une Plateforme Agréée (PA, ex-PDP) immatriculée4. Une Solution Compatible (SC) — outil métier ou ERP non immatriculé Plateforme Agréée — peut servir d’interface utilisateur, à condition d’être connectée à une PA partenaire qui assure la transmission3.

Le Portail Public de Facturation (PPF) ne propose plus d’émission directe depuis le recentrage du 15/10/20245 : il sert d’annuaire central des destinataires et de concentrateur e-reporting.

Concrètement : Excel, PDF par email ou papier ne sont plus juridiquement valables pour le B2B domestique. La facture doit être émise au format structuré (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par le réseau interopérable des PA3.

Obligation 2 — recevoir les factures B2B en électronique

Cette obligation est en vigueur dès le 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises (y compris TPE/PME), même celles non encore obligées d’émettre2.

Concrètement : même si votre obligation propre d’émission n’arrive qu’en 2027, vos fournisseurs grandes entreprises peuvent vous envoyer leurs factures en électronique dès septembre 2026 — et vous devez disposer d’un canal de réception conforme (Plateforme Agréée ou SC connectée à une PA).

Obligation 3 — e-reporting

Le e-reporting est la transmission de données complémentaires à l’administration, pour les flux qui ne passent pas par le réseau e-invoicing — codifié à l’article 290 du CGI6 et complété par l’article 290 A du CGI7 :

  • B2C (factures aux particuliers).
  • B2B international (clients hors France).
  • Données de paiement (date d’encaissement effective des factures B2B).

Pour un artisan dont les clients sont majoritairement particuliers, le e-reporting est en pratique plus structurant que l’e-invoicing.

Exceptions et cas particuliers

Auto-entrepreneur en franchise de TVA

L’article 289 bis du CGI8 s’applique aux assujettis ; un auto-entrepreneur en franchise en base reste assujetti à la TVA même s’il ne la collecte pas (art. 293 B CGI9) — l’obligation d’émission au format électronique le concerne donc pour ses flux B2B domestiques. Le e-reporting reste limité aux données pertinentes selon l’activité.

Activité 100 % B2C (clients particuliers uniquement)

Pour un artisan qui ne facture que des particuliers, l’e-invoicing ne s’applique pas (il concerne uniquement les flux B2B entre assujettis TVA, art. 289 bis CGI8). Le e-reporting B2C reste obligatoire au calendrier de la vague concernée (art. 290 CGI6) : transmission agrégée des données de transactions.

Sous-traitance BTP

Sous-traitant pour un donneur d’ordre assujetti TVA : flux B2B → e-invoicing requis. Co-traitance ou groupement : facturation directe au maître d’ouvrage → si maître d’ouvrage assujetti, e-invoicing.

Sanctions

Article 1737 III du CGI10 : amende de 50 € par facture non émise au format électronique conforme, plafond annuel 15 000 €. Article 1788 D du CGI11 : amende de 500 € par transmission e-reporting manquante, plafond annuel 15 000 €. Mécanismes de modulation et de bonne foi prévus par le CGI1011 — modalités précises à confirmer avec votre conseil au regard du texte en vigueur.

Détail des pénalités →

Comment se mettre en conformité

  1. Choisir une PA (ex-PDP) immatriculée DGFiP4 ou une SC connectée à une PA partenaire.
  2. Vérifier sur impots.gouv.fr que la plateforme retenue est bien immatriculée4.
  3. Tester l’émission et la réception sur des factures réelles avant la date butoir.
  4. Former votre équipe à l’outil (devis chantier mobile, signature client tablette si applicable).

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Sources et références

  1. INSEE — Définition des catégories d’entreprises (décret n° 2008-1354) — microentreprise / PME / ETI / GE — consulté le 31/05/2026. 

  2. Article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 — Légifrance, consulté le 31/05/2026.  

  3. DGFiP — Facturation électronique et plateformes agréées — page officielle impots.gouv.fr, consultée le 31/05/2026.   

  4. Registre officiel DGFiP — liste des Plateformes Agréées — consulté le 23/06/2026.   

  5. Ministère de l’Économie — communiqué « L’État accompagnera la généralisation de la facturation électronique entre entreprises » (15 octobre 2024, recentrage du PPF) — consulté le 31/05/2026. 

  6. Article 290 du CGI — transmission des données de transactions (e-reporting) — Légifrance, consulté le 31/05/2026.  

  7. Article 290 A du CGI — transmission des données de paiement (e-reporting) — Légifrance, consulté le 31/05/2026. 

  8. Article 289 bis du CGI — obligation d’émission au format électronique — Légifrance, consulté le 31/05/2026.  

  9. Article 293 B du CGI — franchise en base de TVA — Légifrance, consulté le 31/05/2026. 

  10. Article 1737 du CGI — sanctions e-invoicing — Légifrance, consulté le 31/05/2026.  

  11. Article 1788 D du CGI — sanctions e-reporting — Légifrance, consulté le 31/05/2026.  

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