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E-reporting facturation électronique : explication pour TPE et PME

Le e-reporting pour TPE/PME : transmission des données de transactions B2C, étranger et achats à l'administration fiscale. Fréquence, format, sanctions, obligations concrètes.

Rédaction Compafacturation — Équipe éditoriale indépendante

Mis à jour le · 11 min de lecture · Méthode publiée

→ Sommaire

Le e-reporting est le pendant “données” de la facturation électronique : là où la facture électronique (e-invoicing) transmet un document structuré, le e-reporting transmet des données agrégées de transactions à l’administration fiscale1. Pour un artisan ou une TPE, le e-reporting concerne surtout les ventes aux particuliers (B2C), les opérations à l’étranger et certains achats. Voici ce qu’il faut savoir concrètement.

Définition juridique et technique

Le e-reporting est encadré par les articles 289 bis et 290 du Code général des impôts23 et les textes réglementaires d’application publiés par la DGFiP1. Il consiste en la transmission, à fréquence régulière, d’informations sur les transactions réalisées par une entreprise française, lorsque ces transactions ne donnent pas lieu à une facture électronique B2B domestique.

Concrètement, sont concernés trois flux1 :

  1. Ventes B2C (particuliers consommateurs en France)
  2. Ventes à l’export (clients hors France, qu’ils soient UE ou hors UE)
  3. Achats auprès de fournisseurs étrangers (entreprises hors France) — selon le calendrier officiel en vigueur4

Différence claire entre facture électronique et e-reporting

Critère Facture électronique (e-invoicing) E-reporting
Périmètre Factures B2B domestiques (entre entreprises FR) Toutes les autres transactions (B2C, étranger, achats étrangers)
Objet Document structuré (facture complète) Données agrégées (montant, TVA, ID client)
Format Factur-X / UBL / CII5 Format structuré spécifique e-reporting
Fréquence Au fil de l’eau (à chaque facture émise) Mensuelle ou trimestrielle selon régime TVA6
Transit PA → PA destinataire (annuaire central opéré par le PPF)7 PA → concentrateur e-reporting opéré par le PPF7
Calendrier TPE/PME 1er septembre 2027 (émission)4 1er septembre 20274

→ Les deux dispositifs cohabitent : votre activité génère les deux flux simultanément dès septembre 2027.

Quelles données sont transmises en e-reporting ?

Le e-reporting transmet un agrégat structuré par transaction (et non la facture complète)1 :

Pour une vente B2C

  • Date de la transaction
  • Montant HT, TVA, TTC (par taux de TVA applicable)
  • Type de transaction (vente, prestation)
  • Indicateur “particulier” (sans identification nominative)

Pour une vente à l’étranger

  • Date
  • Montant HT, TVA, TTC
  • SIREN/SIRET ou identifiant équivalent du client (UE : numéro de TVA intracommunautaire ; hors UE : identifiant local)
  • Pays du client

Pour un achat étranger

  • Date
  • Montant HT, TVA auto-liquidée le cas échéant
  • Identifiant fournisseur étranger
  • Pays du fournisseur

→ Pas de transmission des libellés produits, des quantités, des conditions commerciales — c’est purement de la data fiscale.

À quelle fréquence transmettre ?

La fréquence dépend de votre régime TVA. Seuils 2026 (article 287 du CGI)6 :

Régime TVA Seuils CA (HT) Fréquence e-reporting
Réel normal (mensuel, ou trimestriel sur option si TVA due < 4 000 €/an) CA N-1 > 945 000 € HT pour ventes/hébergement OU > 286 000 € HT pour services Mensuelle
Réel simplifié (RSI) — supprimé au 1er janvier 2027 (voir ci-dessous) CA N-1 entre seuils franchise (37 500 € services / 85 000 € ventes — art. 293 B CGI8) et seuils du réel normal Trimestrielle
Franchise en base TVA (micro-entreprise sans option) CA N-1 < 37 500 € services / < 85 000 € ventes (tolérance 41 250 € / 93 500 €)8 Trimestrielle voire annuelle (régime allégé)

→ Pour un artisan en franchise de TVA ou en réel simplifié, le régime applicable est en pratique la transmission trimestrielle.

⚠️ Suppression du RSI au 1er janvier 2027

La loi de finances pour 2025 supprime le régime simplifié de TVA (RSI) à compter du 1er janvier 20276. Il sera remplacé par un nouveau régime déclaratif trimestriel (article 287 du CGI modifié)6 ouvert aux entreprises dont le CA est inférieur à un seuil défini par l’article (consulter la version en vigueur sur Légifrance). Conséquence pour le e-reporting :

  • Les entreprises actuellement en RSI basculeront sur le nouveau régime trimestriel — fréquence e-reporting trimestrielle conservée.
  • Les acomptes semestriels et la déclaration annuelle de régularisation disparaissent.
  • L’option pour le réel normal (mensuel) reste possible.
  • Le calendrier coïncide avec l’émission obligatoire TPE/PME au 1er septembre 20274 — votre PA gère la transition automatiquement.

Source : Article 287 du CGI6 (version en vigueur, Légifrance) ; consulter également le BOFiP — Déclaration des opérations et paiement de l’impôt (BOI-TVA-DECLA-20-20)9.

Comment se fait techniquement la transmission ?

Depuis le recentrage du PPF acté par le communiqué du ministère de l’Économie du 15 octobre 20247, la transmission e-reporting passe exclusivement par une Plateforme Agréée (PA) :

  • Mode standard pour les TPE/PME : votre PA agrège vos données B2C / export depuis votre logiciel (caisse, e-commerce, factures B2C) et les transmet automatiquement au concentrateur e-reporting opéré par le PPF7. Le PPF ne fait plus de saisie manuelle directe par l’utilisateur final.
  • Mode ETI/grande entreprise : connexion directe à un Opérateur de Dématérialisation (OD) branché sur une PA1 — peu pertinent pour TPE/PME.

→ Pour un artisan TPE/PME : votre PA gère le e-reporting automatiquement, généralement inclus dans l’abonnement standard. Aucune action manuelle requise après paramétrage initial. Vérifier la mention sur la page tarif de votre PA avant souscription.

Pourquoi le e-reporting existe (la logique fiscale)

L’objectif officiel affiché par la DGFiP1 : renforcer la lutte contre la fraude TVA et améliorer la connaissance en temps quasi-réel des flux économiques par l’administration. La couverture est conçue ainsi :

  • Le B2B domestique est couvert par la facture électronique structurée (chaque facture transite par une PA, le PPF jouant le rôle d’annuaire central).
  • Le B2C ne génère pas de facture B2B → le e-reporting comble le périmètre.
  • L’étranger échappe au dispositif PA → le e-reporting documente les flux pour recoupement TVA intracommunautaire.

→ L’addition e-reporting + facture électronique vise une couverture quasi-exhaustive des flux taxables d’une entreprise française1.

Sanctions en cas de défaut de e-reporting

L’article 1788 D du CGI10 (Légifrance, version en vigueur) prévoit pour une entreprise :

  • 500 € par transmission e-reporting manquante10, plafond annuel 15 000 €.
  • Cumul possible avec l’amende e-invoicing (art. 1737 III CGI : 50 € par facture non émise au format électronique)11, plafond annuel 15 000 €.
  • Mécanismes de modulation et de bonne foi prévus par le CGI (art. 1737, art. 1788 D)1110 — modalités précises à confirmer avec votre conseil.

→ Comparer le coût annuel d’une PA standard à l’exposition de risque permet d’arbitrer rapidement — voir notre comparateur pour calibrer.

Cas pratiques artisan BTP

Cas 1 — Artisan BTP solo, clients exclusivement professionnels (B2B France)

Aucun e-reporting requis : tous vos flux passent par la facture électronique B2B domestique1.

Cas 2 — Artisan BTP avec clients particuliers (rénovation maison individuelle)

E-reporting obligatoire sur les ventes B2C1. Transmission trimestrielle si franchise TVA, mensuelle si réel normal6. Votre PA gère automatiquement.

Cas 3 — Artisan exportant en Belgique ou en Suisse

E-reporting obligatoire pour chaque vente UE (avec TVA intracom) et hors UE (TVA française non applicable)1. Transmission selon votre régime TVA6. Votre PA gère automatiquement.

Cas 4 — Artisan achetant des matériaux à un fournisseur allemand

E-reporting d’achat selon le calendrier en vigueur4 : montant + TVA auto-liquidée. Votre PA gère automatiquement depuis votre saisie d’achat ou import bancaire.

FAQ courte

Si je n’ai aucune vente B2C ni à l’étranger, suis-je concerné par le e-reporting ?

Non. Si 100 % de votre activité est B2B France, vous n’avez que la facture électronique à gérer, pas le e-reporting1.

Le e-reporting est-il facturé en plus par les Plateformes Agréées ?

Selon les pages tarifs des PA grand public couvertes par notre comparateur (Pennylane12, Sellsy13, Indy14, Tiime15, Cegid16, Sage17, Obat18, EBP Bâtiment19), le e-reporting figure dans le périmètre standard, sans facturation séparée annoncée. Toujours vérifier la grille tarifaire de l’éditeur visé avant souscription.

Peut-on transmettre le e-reporting manuellement via Excel ?

Non. Le format de transmission est structuré, conforme à la norme DGFiP1. La transmission depuis votre logiciel doit être convertie automatiquement par votre PA.

Que se passe-t-il si je rectifie une vente après transmission ?

Vous transmettez une rectification (ajout négatif ou correction) dans le e-reporting suivant. Les modalités exactes de rectification spontanée sont précisées par la doctrine fiscale — à confirmer avec votre conseil.

Comment transmettre le e-reporting sans Plateforme Agréée ?

Depuis le recentrage du PPF7, il n’existe plus d’option étatique directe d’émission/saisie e-reporting pour l’utilisateur final. Toute entreprise assujettie doit choisir une Plateforme Agréée (immatriculée DGFiP20) pour la transmission. Détail PPF.

Sources officielles


À retenir : le e-reporting est automatisé par votre Plateforme Agréée. Depuis le recentrage du PPF7, il n’existe plus de mode de transmission directe par l’utilisateur final. Comparateur en 5 questions pour identifier la PA adaptée à votre profil.

Sources et références

  1. DGFiP — Facturation électronique et plateformes agréées — page officielle impots.gouv.fr. Consultée le 31/05/2026.             

  2. Article 289 bis du Code général des impôts — facturation électronique B2B domestique. À consulter dans la version en vigueur sur Légifrance. Consulté le 31/05/2026. 

  3. Article 290 du Code général des impôts (Légifrance) — e-reporting des données de transaction. Consulté le 31/05/2026. 

  4. Loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, art. 91 — calendrier facturation électronique 2026-2027. Consulté le 31/05/2026.     

  5. CEN — EN 16931 Electronic invoicing — semantic data model — norme européenne facturation électronique. Consulté le 31/05/2026. 

  6. Article 287 du Code général des impôts (Légifrance) — déclarations de TVA et seuils des régimes. Consulté le 31/05/2026.       

  7. Ministère de l’Économie — communiqué « L’État accompagnera la généralisation de la facturation électronique entre entreprises » (15 octobre 2024, recentrage du PPF) — consulté le 31/05/2026.       

  8. Article 293 B du Code général des impôts (Légifrance) — franchise en base de TVA. Consulté le 31/05/2026.  

  9. BOFiP — Déclaration des opérations et paiement de l’impôt (BOI-TVA-DECLA-20-20-20220216) — DGFiP, consulté le 31/05/2026. 

  10. Article 1788 D du Code général des impôts (Légifrance) — sanctions e-reporting. Consulté le 31/05/2026.   

  11. Article 1737 du Code général des impôts (Légifrance) — sanctions facturation électronique. Consulté le 31/05/2026.  

  12. Pennylane — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  13. Sellsy — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  14. Indy — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  15. Tiime — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  16. Cegid — page facturation électronique obligatoire / PDP — consulté le 31/05/2026. 

  17. Sage France — pages produit Sage 50, Sage 100, Sage Business Cloud — consulté le 31/05/2026. 

  18. Obat — site éditeur et page produit BTP — consulté le 31/05/2026. 

  19. EBP Bâtiment — site éditeur et page logiciels bâtiment — consulté le 31/05/2026. 

  20. Registre officiel DGFiP — liste des Plateformes Agréées — consulté le 23/06/2026. 

  21. France Num — Guide e-reporting des données de transaction et de paiement — consulté le 31/05/2026. 

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